A paper moon and rabbit ornament against a shoji screen

Pourquoi le Japon voit un lapin sur la lune

Par une nuit claire, les taches sombres de la lune peuvent évoquer un visage. Au Japon, elles dessinent un lapin, debout sur ses pattes arrière, occupé à piler quelque chose dans un mortier. Une fois ses longues oreilles repérées, difficile de ne plus le voir.

L’histoire

La plus ancienne version est bouddhiste. Elle est arrivée au Japon depuis l’Inde, en passant par la Chine. Un singe, un renard et un lapin rencontrent un vieil homme qui demande à manger. Le singe rapporte des fruits ; le renard, des poissons. Le lapin ne trouve rien. Il demande alors au vieillard d’allumer un feu et se jette dans les flammes pour lui offrir son propre corps. Le mendiant est en réalité un dieu. Ému, il place l’image du lapin sur la lune afin que son geste ne soit jamais oublié.

La version du quotidien est plus douce. En japonais, mochitsuki désigne l’action de piler le riz pour préparer les mochi, ces gâteaux consommés au Nouvel An et lors des fêtes. Mochizuki, dont la sonorité est très proche, signifie pleine lune. Ce jeu de mots explique pourquoi le lapin lunaire prépare des gâteaux de riz : il confectionne la nourriture des célébrations et devient un symbole d’abondance et de récolte.

Tsukimi : contempler la lune

Le lapin a sa soirée : Tsukimi, littéralement « contemplation de la lune ». En 2026, elle a lieu le 25 septembre. Venue de la fête chinoise de la mi-automne, la coutume était présente au Japon dès le IXe siècle. À la cour, on faisait flotter des barques sur les étangs pour admirer le reflet de la lune et composer des poèmes. À l’époque d’Edo, elle est devenue une fête de remerciement pour la récolte de riz, dont l’esprit demeure dans les foyers.

La composition est simple : quelques tiges de susuki, l’herbe de la pampa qui évoque le riz et éloignerait les mauvais esprits ; quinze boulettes blanches de riz, les tsukimi dango, disposées en pyramide sur un support en bois appelé sanpō ; et des produits d’automne, taro, châtaignes ou kakis. Le tout fait face à une fenêtre ou une véranda d’où la lune sera visible.

Les lapins apparaissent sur les assiettes, les coupes à saké et les petites décorations. Chaque septembre, les ateliers proposent leurs nouvelles pièces, que les familles associent à celles conservées des années précédentes.

À votre table

Il n’est pas nécessaire de reproduire tout le rituel. Un ou deux éléments trouvent naturellement leur place chez vous. Une tige de pampa en washi dans sa boîte en hinoki transforme un buffet. La petite pyramide décorative de boulettes en chirimen de Kyoto raconte la fête sur un rebord de fenêtre et revient l’année suivante.

À table, les coupes à saké de Mino abritent chacune un petit lapin sculpté au fond : il se révèle à travers la boisson. Elles accueillent aussi un espresso ou du thé chinois. Les assiettes Hana-Usagi de Hasami, aux lapins bleus et fleurs rouges sur porcelaine blanche, accompagnent aussi les repas ordinaires, les desserts ou le fromage.

Toutes les pièces de la sélection sont fabriquées au Japon et expédiées depuis Tokyo. Pour la France, les frais de livraison sont calculés au paiement ; les taxes et éventuels droits d’importation restent à la charge du destinataire. Prévoyez le temps de transport et de dédouanement pour une livraison avant la fête.

Et le soir venu, sortez regarder la lune. Cherchez les oreilles.

Découvrir la sélection Lune des moissons

Retour au blog